Depuis mercredi, c’est permis

Depuis Mercredi, c'est permis

Comme une brise légère d’un peu de liberté retrouvée, nos sommes, depuis mercredi 19 Mai, nombreux à ressentir un « je ne sais quoi « qui fait du bien.
Cette fenêtre entrouverte sur des lendemains, un peu moins pesants, allège nos âmes.
Nul doute que l’espoir étreint bien des coeurs.
Que le soleil soit, ou pas, de la partie ne nous émeut guère, tant nous avons voulu si fort vivre ces moments de retrouvailles. De celles qui se font au singulier ou au pluriel, qu’importe, justement non, ce sont ces retrouvailles au pluriel qui nous remémorent la vie d’avant ou un semblant d’avant.
Nous aimerions d’ailleurs que de cet avant, ne reste que les trois B: le bon, le beau et le bien.

Nous a t’il fallu ces longs mois d’incertitude, de désarroi, de porte close, pour savoir enfin profiter à sa juste valeur de la moindre seconde de liberté à nouveau permise, bien sûr.
Faut il avoir été privé pour savoir ensuite profiter au plus juste, évidemment !
Et le faisons nous sans excès?
Ah là c’est la question qui fâche, le mot est dit ,celui que l’on redoute: l’excès.
L’excès qui va si bien avec « manque de discernement » ou aussi « absence de civisme » . En fait le choix est vaste, c’est comme dans une boutique de bonbons, il y a pléthore de couleurs et de formes, en revanche, tous, finiront par nous faire mal aux dents.

« Oui, mais ! » vous diront au début de chaque phrase de leur balbutiante plaidoirie, ceux qui n’auraient pas excellé en avocat de la défense.
« Oui, mais ! » vont ils insister.
Nous pourrions croire qu’il y a en ces deux mots toute la désolation du monde, des centaines de « excusez nous » que nenni, juste une méconnaissance des conséquences d’une trop grande crédulité. Et sans vouloir insister, sans volonté aucune, de montrer du doigt ce qui pourrait faire succomber chacun, il y a un aveuglement par un trop plein de joie, comme dans l’amour.
Mais il est humain de vouloir y croire à cette liberté retrouvée, il est humain de vouloir la vivre à gorge déployée comme à masque tombé, c’est banalement humain de succomber sans penser que cela peut être fatalement inhumain.
Il n’est point question de jouer les oiseaux de mauvais augure, d’autres le font quotidiennement avec un zèle digne de Miss Univers. Je vous l’accorde la comparaison aurait pu être meilleure.
Pardonnez la répétition: mais il est humain de désirer écarter d’un simple revers de la main, l’ombre trop présente dans vos vies depuis de si longs mois. Cette ombre qui pour nombreux d’entre nous, nous a mis à terre ne laissant à nos esprits hagards que peu de force pour y croire encore. Et pourtant nous sommes là, à nouveau ensemble, prévenus et pour une majorité, le plus possible prévenants, souhaitant plus que tout que la vie redevienne véritablement sans entrave , meilleure, plus juste peut être, que celle que nous vivions avant.
Cet avant qui à bien y penser mériterait qu’on en modifie un peu les codes.
Et après tout pour le dire, pour l’écrire encore: il est humain d’imaginer des lendemains plus beaux, plus bons encore que dans la vie d’avant.
Idéaliste ! me direz vous, peut être… Ou alors juste vivante, terriblement vivante, terriblement optimiste, voulant croire que même si la place de second est largement honorable au concours de l’Eurovision, c’est la place du premier, du vainqueur toutes catégories que nous désirons face à ce virus qui enterre encore à ce jour.
Alors s’il vous plait: prenez soin de vous et de vos proches.

Photo © Stephane L’hôte